Petite histoire d’une chanson
partisane qui a provoqué un tollé!
Je trouve pertinent de vous présenter l'extrait d'un article du journaliste de la Presse, Pierre Foglia, paru en 2000, que l'on retrouve dans les archives de Vigile.net. Le coloré journaliste donne un point de vue sur ce qui est communément appelé "l'affaire Michaud". À un moment donné, il utilise la petite histoire de la chanson "Demain nous appartient" pour bien illustrer son propos.
(Titre: Faut arrêter de freaker)
Je vais vous raconter une histoire monsieur, Bernard Landry. Vous connaissez Stéphane Venne, l'auteur-compositeur de chansons... Un jour le Mouvement Desjardins lui commande une toune publicitaire et Venne compose un truc qui disait: «À partir d'aujourd'hui, demain nous appartient.» La toune est refusée, elle ne plaisait pas, trop ceci, trop cela.
Quelques mois plus tard, à l'occasion des élections provinciales (celles de 76), le PQ commande une toune à Venne pour sa campagne radio-télé. Venne sort de son tiroir la toune refusée par Desjardins. «À partir d'aujourd'hui, demain nous appartient.» Ça pogne. La toune est jouée un peu partout dans les assemblées du PQ. Qui, soit dit en passant, a été élu.
Le temps passe. Un matin, coup de téléphone affolé d'un proche du premier ministre: «M. Venne, allez donc lire l'article de Mordecai Richler dans The Atlantic Monthly»...
Dans son article M. Richler rapportait à ses lecteurs que le soir de la victoire du PQ, les jeunes partisans chantaient «Tomorrow belongs to me... the chilling Hitler Youth song from Cabaret»...
Oh tabarnak! se dit Venne, me voilà dans de beaux draps. Aurais-je plagié inconsciemment? Fonce chez son disquaire. Achète Cabaret. Écoute la toune en question. Sont cons ou quoi? Rien à voir. Ni dans les paroles ni dans la musique. RIEN À VOIR DU TOUT. Sauf le titre. Plus encore, la toune du film n'est pas d'époque, les jeunesses hitlériennes n'ont jamais chanté ça, pour la bonne raison qu'elle a été composée expressément pour le film. On est doublement en pleine fiction.
Cela n'a pas empêché Mordecai de répéter son histoire en entrevue à CBC. Et la revue américaine Commentary, dans un grand article sur l'antisémitisme québécois signé de deux profs de McGill, Ruth Wiss et Irwin Cultler, de rapporter cette même affaire de «Nazi party song from Cabaret that was unfortunately been adopted as a French Canadian nationalist anthem». Venne leur a envoyé sa toune et la toune de Cabaret pour fin de comparaison, les profs ont répondu qu'ils maintenaient leurs conclusions.
Tout ça pour vous dire qu'il faut arrêter de freaker, monsieur Landry.
Pierre Foglia
La Presse
Samedi 16 décembre 2000
archives.vigile.net
Vous pouvez prendre connaissance du texte dans son intégralité en cliquant sur le lien suivant:
Comme il y a eu comparaison entre deux chansons, aussi bien entendre celle dont le nom a été mentionné! Écoutez et tirez votre propre conclusion!